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Enregistrer un podcast autour d’une table – Exemple de setup

DISCLAIMER : Aujourd’hui, on va tenter de réponde à la quesiton : « De quoi ai-je besoin pour enregistrer un podcast autour d’une table ? ».Cet article va faire partie d’une série qui va essentiellement s’adresser à ceux qui voudraient se lancer. Vous excuserez donc les éclaircissements, les reformulations et mon insistance sur certains points qui pourront paraître évidents pour des habitués.

Ce n’est pas forcément évident de se lancer et au début, on est bien souvent perdu dans des questions techniques. 

Comment fonctionne un podcast ? De quel matériel ai-je besoin pour enregistrer un podcast autour d’une table ? Combien cela peut me coûter ? Ici je voudrais un peu m’attarder sur la partie « enregistrement » par le biais d’un exemple – le mien, en l’occurrence – de setup d’enregistrement pour des podcasts que j’essaie d’affiner depuis plusieurs années maintenant. Ainsi, cet article n’a aucune prétention à être exhaustif ou ultime. Si fondamentalement il n’y a pas 36 000 façons de brancher un micro à une table de mixage, il y aura des variations propres à votre choix de matériel et vos besoins qu’il me sera impossible de traiter.

Pour ma part, j’ai commencé le podcast en 2011-2012 avec des podcasts sur Mumble, c’est-à-dire en enregistrant à distance avec d’autres personnes sur un serveur vocal et avec pour seul matériel, un micro cravate à 10€ (qui est vraiment bon pour le prix) et une vieille figurine de Dark Vador en guise de pied de micro.Depuis quelques années maintenant, je fais également des podcasts en « physique », avec les intervenants autour d’une table. Au fil des années et avec pas mal de patience j’ai pu étoffer mon setup et monter petit à petit en gamme, en achetant des nouveaux câbles, de nouveaux micros, un enregistreur. Tout cela m’a permis de gagner en confort d’enregistrement mais aussi d’avoir surtout une qualité de son correcte.

Le setup

Cela peut paraître un peu flou pour les débutants, donc j’explicite.

Les micros, ainsi qu’un PC (pour lancer des jingles) sont branchés à une Zoom R16 (encadrés rouges). Les micros sont branchés en mono, donc une entrée pour chaque. En revanche, le PC est branché en stéréo cela nécessite donc deux entrées sur la R16.

Il faut également activer une fonction appelée « Stereo Mix » sur la R16 (je vous laisserai regarder dans le manuel).

Ensuite, la Zoom R16 enregistre sur une carte SD et redistribue le son vers un boitier Behringer HA400. Il est possible d’entendre sa voix, celles des autres et les jingles en branchant un casque (encadrés bleus). Ici j’ai branché le boitier casque sur la sortie enceinte (Stéréo droite et gauche) mais vous pouvez également le brancher sur la sortie casque.

Il n’y a que deux micros ici, mais il est évidemment possible de brancher jusqu’à 8 micros. Vous pouvez aussi doubler le nombre de retour avec un boitier de plus et quelques câbles et adaptateurs.

Le matériel en détail.

Zoom R16

Au choix, on peut brancher la R16 sur secteur ou l’alimenter avec pas mal de piles, pratique si vous comptez être mobile.

En ce qui concerne la méthode d’enregistrement, vous avez deux possibilités. Soit vous branchez l’appareil en USB pour gérer l’enregistrement avec un logiciel adéquat type Garage Band, Ableton, Audacity et j’en passe, soit vous enregistrez le tout avec une carte SD que vous insérez directement dans la R16. Je n’utilise la R16 que dans cette seconde configuration, donc je ne pourrai vous être d’une grande aide pour la première.

La Zoom R16 permet d’enregistrer directement en multi-piste. Chaque micro ou appareil branché à la R16 (un PC ou un téléphone les jingles, par exemple) aura sa piste. Le multipiste apporter un confort certain et plus de précision lors de votre montage. La Zoom R16 permet de régler le volume d’enregistrement de chaque piste séparément ainsi que le volume de retour, idéal si vous voulez mettre une musique en fond pendant que vous parlez, par exemple.

Quand j’enregistre un podcast autour d’une table, c’est rare que l’on soit moins de 5 ou 6. J’ai donc du choisir du matériel avec suffisamment d’entrées, d’où le choix de la Zoom R16.

A noter cependant, si vous prévoyez de faire des enregistrements trèeeeees longs, la Zoom R16 s’arrête au bout de 3h d’enregistrement. Dans ces cas-là faites attention et lancez une autre session d’enregistrement dans la foulée.

Micro Prodipe TT1

Un micro Prodipe TT1 Lanen

J’ai pris ce micro sur conseil de l’ami Lolly et j’en suis très satisfait. Vous pouvez en apprendre plus sur ce micro grâce à cette vidéo de l’excellent podcast « Les Sondiers« .

Un micro avec un très bon rapport qualité/prix et un haut « niveau » de sortie. Des micros largement suffisants pour mon utilisation, je ressens pas le besoin de mettre plus d’argent dedans.

Au montage, n’hésitez pas à couper un peu au niveau des basses fréquences cependant.


Pied de micro

Un pied de micro col de cygne

Le choix du pied de micro c’est généralement une chose très secondaire mais j’y attache tout de même une importance. Ceux-ci m’ont coûté à peine 9€ par pied.

J’utilise ceux-ci et j’en suis très content pour plusieurs raisons. Ils ont une embase lourde, qui empêche le pied de micro et le micro de chavirer pour un rien. Ils ont un col de cygne, que vous pouvez tordre si besoin. Les pieds sont très résistants et surtout (et ça c’est tellement le confort) ils ont une bonne hauteur, ce qui vous évite de devoir vous pencher pour parler.

Ces pieds de micro deviennent de plus en plus difficile à trouver tels quels. Ceux que l’on trouve maintenant ont des embases légèrement différentes et des cols de cygne plus courts. Si vous en trouvez dans cet esprit, je vous les conseille, ça vous évitera de vous taper des scolioses et des lumbagos avec des pieds de micros de ce type.

Les bonnettes

Des bonnettes micro de type T.Bone Windscreen WS60

Ce sont des petits embouts de mousse à rajouter sur les micros. Cela permet d’éviter des petits sons désagréables à l’oreille lorsque vous prononcez des « b » ou des « p » notamment.

Pas grand chose à dire ici, pensez-y simplement. Ca ne coûte pas grand chose et ca peut éviter quelques désagréments au montage.

Les pinces de micros

Des pince micros

Ce n’est pas grand chose, mais j’attire votre attention là-dessus car c’est le genre de choses que l’on découvre seulement une fois qu’on a reçu son colis de matériel, et après on se retrouve comme un con.

Ce sont de petites pinces, généralement en plastique, que l’on visse à un embout de pied de micro pour pouvoir ensuite insérer son micro. Prenez des pinces standards, ce ne coûte quasiment rien et cela fera très bien l’affaire.

Notez que si vous achetez des micros Prodipe TT1 (présentés précédemment), les pinces sont directement fournies avec le micro.

HA400

Un boitier de retour berhinger ha400

C’est un classique niveau matériel de podcast. Vous branchez un boitier comme celui-ci sur la sortie d’une carte son et vous pouvez ensuite brancher 4 casques pour entendre ceux autour de la table et vous même, ainsi que les jingles si besoin. Chaque sortie dispose d’un potard pour régler le volume.

Vous pouvez également brancher la sortie d’un boitier à l’entrée d’un autre pour augmenter le nombre de sorties disponibles.


Adaptateurs Jack

Je vous recommande — c’est même indispensable selon moi — d’avoir ou d’acheter une poignée d’adaptateurs Jack 3,5 vers 6,35.

En les branchant sur les boîtiers de retour son, vous pourrez ensuite brancher vos casques ou écouteurs qui eux, ont un embout Jack plus petit.

Câbles

Divers types de câbles

Et oui, il en faut pour brancher tout ça.

Pour brancher les micros vers la Zoom R16, j’utilise des câbles XLR de chez Ugreen.

Pour brancher mon PC vers la R16 en stéréo ou brancher la R16 vers un boitier de retour, j’utilise des cables en Y (un petit Jack mâle vers un double gros Jack mâle et un autre câble double du même acabit mais en gros Jack mâle uniquement).

Petit conseil, si vous avez un petit setup ou une petite table, évitez les cables trop longs, comme par exemple des câbles de 6 mètres, sinon vous risquez de vous retrouvez avec un dégueulis de câbles sur la table. Préférez des cables d’1,5m ou 3m si ça vous suffit.

Carte SD

J’utilise une carte SD car j’enregistre directement sur la Zoom R16. Préférez une carte SD avec une capacité de 16go environ, histoire d’être tranquille. N’oubliez pas de bien la vider de temps en temps.

Une multiprise

La Zoom R16 nécessite une prise, mais il faut également une prise par boitier HA400 sans oublier le PC ou le téléphone qui va bien.

C’est secondaire mais je vous recommande toujours d’en avoir une ou deux réservées pour le podcast dans un sac.

Ok, mais le coût alors ?

C’est bien beau tout ça, mais depuis tout à l’heure je vous propose un paquet de trucs pour enregistrer un podcast autour d’une table et ça fait grimper la facture. Alors, au-delà de l’exemple que peut constituer un tel setup, j’ai surtout envie de vous donner quelques conseils.

Avant tout, soyez patients. En ce qui concerne mon setup, c’est quelque chose que j’ai fait évoluer pendant de nombreuses années. Et même si maintenant il y en a pour environ 800€, j’y suis allé petit à petit. D’abord la R16 car c’est ce qui coûte le plus cher et qui a nécessité des mois d’économies, puis petit à petit, on achète des nouveaux cables, quelques micros etc…

Mon conseil, qui vaut ce qu’il vaut, soyez patient car on peut commencer avec peu et faire de bonnes choses. C’est même plutôt bénéfique si vous prenez un peu de temps pour compenser la faiblesse du matériel de départ par un approfondissement technique, notamment en apprenant à améliorer le son de votre micro en post-prod. Pendant des années, j’ai fait des podcasts avec des micros à 15€ et j’ai compensé le prix en passant un petit plus de temps à améliorer le son au montage.

Vous pouvez avoir un micro à 200 balles, si vous n’avez pas pris le temps de savoir comment vous en servir, vous risquerez toujours d’avoir un plus mauvais son que quelqu’un avec un micro à 30/40 euros qui a pris un peu de son temps pour savoir comment faire une suppression de bruit et bidouiller un equalizer ou un compresseur.

« Le podcast, ça coûte cher ». C’est une phrase que j’ai pu entendre au moins des dizaines de fois. J’ai toujours pensé que le podcast ne coûte que ce que l’on souhaite investir dedans (sinon c’est toujours ceux qui ont les moyens qu’on entendrait, hein). J’ai étalé mes achats sur tellement d’années que je n’ai jamais eu l’impression de faire un sacrifice financier.

En ce qui concerne le coût de matériel d’enregistrement, tout dépend de vos besoins.

Vous enregistrez en ligne, via Skype par exemple ? Dans ce cas vous n’aurez pas besoin de grand chose. Un micro USB correct et pied de micro feront très bien l’affaire, et puis un casque ou des écouteurs.

Vous voulez enregistrer un podcast autour d’une table ? Plusieurs choix s’offre à vous. Vous pouvez très bien utiliser un téléphone en mode enregistreur pour commencer, ou opter pour un Zoom H2N au milieu de la table. Certes, le son ne sera pas aussi bon que si chacun avait son micro mais ça peut-être un bon début. Si ensuite vous voulez continuer l’aventure et monter un peu en gamme, commencer à investir petit à petit. A terme, vous pouvez aussi partager les coûts.

Bref, ne laissez pas le prix être une barrière d’entrée pour faire du podcast.

Les alternatives

Il existe bien des alternatives au matériel que j’utilise, alors si vous voulez prolonger et aider d’autres personnes, n’hésitez pas à partager dans les commentaires quelques références ou conseils d’achat. Comme cet article s’adresse avant tout à des débutants et débutantes, l’idée reste de partager du matériel qui reste à la fois accessible en terme d’utilisation comme de prix.

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